Tu peux sauver une vie en 3 gestes
Méthode PAS (Protéger, Alerter, Secourir) et spécificités moto : retrait du casque, position d'attente, hémorragies. Le numéro qui transforme un motard en sauveur.

Pourquoi tu dois savoir ces gestes — même si tu ne les utiliseras jamais
Les 5 premières minutes après un accident déterminent 80 % du pronostic vital. Pourtant, 70 % des Français ne savent pas pratiquer les gestes qui sauvent. Ce numéro te donne en 13 minutes la méthode officielle PAS + les spécificités moto que beaucoup d'automobilistes ignorent. Le QCM final te dira si tu pourrais, demain, agir si tu arrives le premier sur un accident.
La méthode officielle : P-A-S
PAS = Protéger, Alerter, Secourir. Cet ordre n'est PAS facultatif : si tu inverses, tu mets en danger toi-même, la victime et les autres usagers. C'est la base enseignée dans toutes les formations SST, PSC1, et c'est ce que l'ETM va te demander.
1. PROTÉGER (priorité absolue, 30 secondes max). Tu sécurises la zone pour empêcher un suraccident. Étapes : (a) baliser à 50-100 m en amont avec triangle ou panneaux de signalisation, (b) faire ralentir/dévier les autres véhicules avec gilet jaune obligatoire, (c) NE JAMAIS déplacer la victime sauf si danger imminent (incendie, ravin, voie ferrée).
2. ALERTER (1 à 2 minutes). Tu appelles le 112 (Europe), le 15 (SAMU), le 18 (pompiers) ou le 17 (police). Tu donnes : (a) ta localisation précise (km, route, ville la plus proche), (b) la nature de l'accident (moto-voiture, choc frontal, etc.), (c) le nombre et l'état des victimes (consciente ? respire ? saigne ?), (d) ton numéro de téléphone. Ne raccroche jamais en premier — l'opérateur peut avoir besoin de plus d'infos.
3. SECOURIR (en attendant l'arrivée des secours). Tu pratiques les gestes adaptés selon l'état de la victime : parler si consciente, position latérale de sécurité (PLS) si inconsciente et respire, compression manuelle d'une hémorragie, etc. Tu ne quittes JAMAIS la victime jusqu'à l'arrivée des secours.
- ›P-A-S = Protéger, Alerter, Secourir (dans CET ordre)
- ›Protéger d'abord : baliser, gilet jaune, NE PAS déplacer la victime
- ›Alerter 112 (Europe), 15 (SAMU), 18 (pompiers)
- ›Ne JAMAIS raccrocher en premier
Le casque : retirer ou laisser ? La règle vitale
Voici le point ETM le plus piégeux. La règle officielle :
Si la victime RESPIRE et est CONSCIENTE : on laisse le casque. On ouvre simplement la visière pour faciliter la respiration. Le retrait risque de déplacer une vertèbre cervicale et de causer une paralysie irréversible.
Si la victime NE RESPIRE PAS ou si la respiration est impossible avec le casque (vomissements, sang dans la gorge, masque facial occlus) : on RETIRE le casque, à 2 personnes IDÉALEMENT. Procédure : la personne 1 maintient la tête + nuque alignées dans l'axe corps, la personne 2 ouvre la jugulaire, écarte les attaches latérales et tire le casque doucement par traction axiale (vers l'arrière du crâne, sans rotation).
Seul cas où tu retires seul : victime inconsciente et qui ne respire pas, et aucune autre personne n'est sur place. Et même là, tu peux attendre les secours qui arrivent en moins de 10 minutes en zone urbaine si la situation le permet (= si elle respire encore mal mais respire).
RÈGLE D'OR ETM : par défaut, on NE retire JAMAIS le casque. On ouvre la visière, on parle à la victime, on attend les secours.
- ›Par défaut : on NE RETIRE PAS le casque
- ›On ouvre la visière + on parle à la victime
- ›Retrait UNIQUEMENT si elle ne respire pas
- ›Retrait à 2 personnes idéalement (traction axiale)
Inconsciente mais respire : la PLS sauve la vie
La position latérale de sécurité (PLS) empêche l'asphyxie par chute de la langue ou par vomissements quand la victime est inconsciente mais respire. C'est le geste le plus utile que tu apprendras pour l'ETM.
Méthode rapide : (1) vérifier qu'elle respire en collant ton oreille à 5 cm de sa bouche pendant 10 secondes, (2) basculer doucement la victime sur le côté, jambe du dessus pliée à 90°, bras du dessus sous la joue paume vers le haut, (3) basculer la tête en arrière pour ouvrir les voies respiratoires, (4) surveiller la respiration toutes les minutes jusqu'à l'arrivée des secours.
Si la victime ne respire pas du tout : commence immédiatement le massage cardiaque (30 compressions, 2 insufflations, alterner). Continue sans arrêt jusqu'à l'arrivée des secours ou la reprise d'une respiration. Compte fort à voix haute : 1-2-3-4… 30 !
Hémorragie externe abondante (sang qui jaillit ou imprègne les vêtements) : compression manuelle directe avec un linge propre, sans relâcher. Si ça ne suffit pas et qu'il n'y a pas d'objet enfoncé : garrot à 5 cm au-dessus de la plaie, serré jusqu'à arrêt du saignement, noter l'heure de pose.
- ›Inconsciente + respire = position latérale de sécurité (PLS)
- ›Ne respire pas = massage cardiaque 30/2 sans interruption
- ›Hémorragie = compression manuelle directe puis garrot si nécessaire
- ›Garrot : noter l'heure de pose, NE PAS le desserrer
Le vocabulaire technique
PAS- Protéger, Alerter, Secourir. Méthode officielle française enseignée dans toute formation aux premiers secours (PSC1, SST).
112- Numéro d'appel d'urgence européen unique, gratuit. Redirige automatiquement vers le service le plus adapté (police, pompiers, SAMU).
15- SAMU (Service d'Aide Médicale Urgente). Pour les urgences médicales graves (arrêt cardiaque, hémorragie, malaise).
18- Pompiers. Pour les accidents, incendies, secours à personne nécessitant désincarcération ou intervention sur la voie publique.
PLS- Position Latérale de Sécurité. Position d'attente pour une victime inconsciente qui respire encore. Empêche l'asphyxie.
Traction axiale- Technique de retrait du casque consistant à tirer dans l'axe du corps (sans rotation latérale) en maintenant la nuque alignée.
Massage cardiaque- 30 compressions thoraciques (5 à 6 cm de profondeur, 100 à 120 par minute) + 2 insufflations. À pratiquer sans interruption si arrêt cardiaque.
Garrot- Lien serré à 5 cm au-dessus d'une plaie hémorragique impossible à comprimer. À utiliser en dernier recours, noter l'heure de pose, NE JAMAIS desserrer.
Non-assistance- Délit pénal puni de 5 ans de prison et 75 000 € d'amende (article 223-6 du Code pénal). La loi protège ceux qui interviennent de bonne foi.
Suraccident- Second accident causé par la non-protection du premier (ex : voiture qui percute les victimes au sol). Évité par le balisage à 30-100 m.
Les articles du dossier
Huit articles courts pour creuser chaque facette de ce numéro — à lire à votre rythme.
PAS : Protéger, Alerter, Secourir — la méthode qui sauve
Sur 100 accidents mortels en moto, 8 à 12 victimes pourraient être sauvées par les premiers gestes des témoins. La méthode PAS, étape par étape, en moto.
Massage cardiaque : la cadence Stayin’ Alive
100-120 compressions/min : pourquoi le rythme de cette chanson sauve des vies.
Hémorragie externe : compression directe, point de compression, garrot
La gradation des gestes selon la gravité. Quand poser un garrot en moto.
Position Latérale de Sécurité (PLS) avec casque
Comment positionner une victime moto inconsciente sans retirer le casque.
Brûlures : eau froide 20 minutes, jamais de glace
La méthode des 20-20 : 20 min sous eau à 20°C. Pourquoi pas la glace, jamais.
Fractures : ne pas bouger, immobilisation de fortune
Comment improviser une attelle avec ce qu’on a sur soi en moto. Sans aggraver.
Choc électrique : couper le courant avant d’approcher
Cas d’école : moto contre poteau électrique. Comment intervenir sans s’électrocuter.
PSC1 : la formation qui devrait être obligatoire pour tous motards
Coût, durée, organismes : pourquoi 60 € et 7 heures peuvent sauver plusieurs vies par an.
