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Numéro 19/19
Enquête n°19 · Série « Témoignages & Sécurité »

Le « fromage suisse » : pourquoi un accident, ce n’est jamais 1 cause

Le modèle de James Reason (1990) explique pourquoi un accident n'est jamais la faute de quelqu'un, mais l'alignement de plusieurs trous dans plusieurs barrières. 4 catégories de causes, 3 phases (perception, décision, action). Comprendre, c'est pouvoir.

9 min de lecture 5 chapitres + encadrés QCM final auto-évalué 100 % gratuit
Ambulance en intervention d'urgence — illustration de la construction d'un accident
Édito

Un accident, c'est rarement une cause — c'est presque toujours une chaîne

« Il s'est tué parce qu'il roulait trop vite. » Faux. Il roulait trop vite, c'est vrai. Mais aussi : ses pneus avaient 7 ans, le revetement était gras après l'averse de 14h, son casque dataire de 2014 (EPS durci), il avait dormi 5h la nuit précédente, le panneau « virage dangereux » était caché par un arbre non taillé, le motard précédent ne lui avait pas signalé l'obstacle. Voilà le modèle du « fromage suisse » de James Reason (1990) : un accident n'est jamais la faute de quelqu'un — c'est l'alignement de plusieurs trous dans plusieurs barrières de sécurité. Cette enquête t'apprend à décomposer un accident comme un mécanicien décomposte une panne. Outil : l'étude de cas CCS n°14.

— La rédaction Code 2 Roues
Chapitre 1

Le modèle de Reason en 60 secondes

Imagine une pile de tranches de gruyère emmental. Chaque tranche est une « barrière de sécurité » : ta vigilance, ton équipement, ta moto, l'infrastructure, les autres conducteurs. Chaque barrière a des trous (faiblesses). En temps normal, les trous d'une barrière sont compensés par les barrières suivantes — le danger ne passe pas.

L'accident, c'est quand tous les trous s'alignent. Le danger traverse les barrières, atteint la victime. C'est un événement probabiliste, pas fatal. Renforcer une seule barrière suffit à empêcher l'alignement.

Conséquences pratiques. 1) Déculpabilisation : tu n'es pas « le seul fautif » d'un accident. 2) Responsabilisation : tu peux renforcer chaque barrière individuellement. 3) Prévention efficace : agir sur n'importe quel maillon casse la chaîne.

À retenir
  • Accident = alignement de plusieurs trous
  • Renforcer 1 barrière suffit à éviter
  • Approche probabiliste, pas fataliste
Chapitre 2

Les 4 catégories de causes et les 3 phases

Catégorie 1 — Causes humaines (60-80 %). Vitesse inadaptée, alcool, fatigue, distraction, in-expérience, surconfiance, refus de priorité par un autre. C'est la plus grande catégorie — mais aussi la plus modifiable individuellement.

Catégorie 2 — Causes véhicule (5-10 %). Pneus usés, freins défaillants, éclairage HS, jeux excessifs dans la direction. Prévention : contrôle visuel avant chaque trajet (3 min) + entretien programmé (toutes les 5-10 000 km).

Catégorie 3 — Environnement (10-15 %). Pluie, brouillard, soleil rasant, périle gras (gazole, gravillons, feuilles), animaux. Difficile à éviter, possible à anticiper (météo avant départ, ralentissement en zone risque).

Catégorie 4 — Infrastructure (5-10 %). Signalisation mal posée ou cachée, marquage effacé, nids de poule, glissières manquantes. Du ressort de la collectivité, mais on peut signaler en mairie.

Les 3 phases de l'accident. 1. Perception (le danger arrive) : vision, audition, attention. 2. Décision (que faire ?) : analyse cognitive, choix de l'action. 3. Action (j'exécute) : freinage, esquive, klaxon. À chaque phase, tu peux échouer (perception tardive, décision erronée, action mal coordonnée).

À retenir
  • 4 catégories : humain / véhicule / environnement / infrastructure
  • 3 phases : perception → décision → action
  • Chaque phase = barrière potentielle
Glossaire — les termes à retenir

Le vocabulaire technique

Modèle de Reason
Théorie de James Reason (1990) : un accident est l'alignement de plusieurs trous dans plusieurs barrières de sécurité. Aussi appelé « modèle du fromage suisse ».
Barrière de sécurité
Mécanisme de prévention ou de protection. Peut être humaine (vigilance), technique (ABS), structurelle (glissière), procédurale (formation).
Défense active
Barrière nécessitant une action consciente (port du casque, ralentissement). À distinguer des défenses passives.
Défense passive
Barrière fonctionnant sans intervention humaine (ABS, glissière routière, airbag). Active automatiquement.
Perception-Décision-Action
Les 3 phases du processus accidentel. Échec possible à chaque phase. Chaque phase = barrière potentielle.
Facteur humain
Catégorie causale dominante (60-80 % MAIDS). Inclut toutes les actions/inactions humaines : conducteur, autre usager, formateur, urbaniste.

Teste ta compréhension

10 questions sur le modèle de Reason, les 4 catégories de causes, les 3 phases, défenses actives/passives. Réussite minimum : 8/10.

Programme pédagogique ETM · 19/9 numérosVoir tout le programme